Qui es-tu ? 
Je m’appelle Béatrice et j’ai 31ans ! J’ai trois enfants Aymeric (4 ans), Erwan (3 ans) et Maÿlis qui vient d’arriver ! J’aime bien les gens, rencontrer de nouvelles personnes (l’expat est pour ça un vrai luxe), j’aime bien cuisiner et recevoir des amis, lire de bons livres et disserter,pendant des heures avec des gens qui ont un avis radicalement opposé au mien !

 Où vis-tu ? 
Je viens de rentrer du Gabon où nous avons passé deux ans ! Nous sommes maintenant à Fontainebleau pour quelques mois car mon mari y suit une formation. C’est assez étrange de rentrer en France après 5 ans en Afrique, mais nous profitons de tout ce qui nous a manqué pendant ces années, notamment les saisons !

Comment es-tu arrivée ici ? 
J’ai suivi mon mari qui travaillais pour une compagnie pétrolière et qui a décidé de faire une pause pour un an.

Avais-tu déjà vécu à l’étranger ? Si oui, quel pays ?
J’ai vécu en Australie pendant mes études, puis après notre mariage j’ai rejoint mon mari au Gabon. Nous sommes ensuite allés vivre en Tanzanie pour revenir pendant deux ans au Gabon et puis maintenant un peu de France avant de repartir peut-être ?

Depuis combien de temps y es-tu installée ?
Nous sommes en France depuis 6 mois maintenant ! Comme je m’y attendais c’est en fait plus difficile de se réadapter à la France qu’à un nouveau pays d’expat (en tous cas nous avons toujours eu de bonnes expériences lors de nos arrivées). Il y a quand même beaucoup de positif, notamment la proximité de nos familles qui nous ont beaucoup manqué pendant ces 5 ans d’éloignement ! Pour les enfants, comme d’habitude, aucun problème ! Ils m’épatent par leur adaptabilité ! On devrait s’inspirer d’eux bien plus souvent ! En même temps, la vie est belle quand on a 4 ans !!

Tu as développé une activité : comment t’en est venue l’idée ? Et pourquoi cette thématique ?
L’histoire remonte à deux ans maintenant ! Tout a commencé quand nous avons du quitter la Tanzanie bien plus tôt que prévu pour retourner au Gabon. A quelques jours du départ, une de mes amies m’a lancé le défi de me lancer dans ce que j’aimais ; la création et le social ! Alors, comme je connaissais déjà la ville, les sœurs avec qui je travaillais et quelques personnes sur place, je me suis lancée ! Le concept de TRIBU(S) est assez simple. Je réalise des broderies personnalisées avec une machine que j’ai chez moi. Ensuite tous les produits étaient montés par le Centre Ménager de Saint Thérèse, à Port-Gentil puis les produits sont revendus sur le site Internet ou par ventes privées. Tous les bénéfices des ventes reviennent aux sœurs ! Maintenant que j’ai quitté le Gabon, j’ai emporté mon projet dans mes valises et réinstallé un atelier à Fontainebleau. Les produits sont maintenant montés par des personnes porteuses de handicap qui travaillent dans un ESAT (Etablissement de Service et d’Aide par le travail), à Coulommiers en Seine et Marne. Je suis vraiment heureuse d’avoir pu continuer ce projet qui me tient beaucoup à cœur ! Et finalement, mon slogan « Famille en mode nomade » s’applique parfaitement !

Explique comment tu t’organises entre ton activité et ta vie personnelle?
Je trouve que c’est très dur de s’organiser ! Fermer la porte de mon bureau pour être 100% entrepreneure et l’ouvrir à nouveau pour être 100 % Maman ! Et ne pas mélanger les deux… Mais je sais que j’ai de la chance de pouvoir travailler chez moi, d’être dispo quand je le veux pour mes enfants, pour mon boulot… C’est un vrai luxe ! Depuis mon retour en France, j’ai quand même beaucoup moins le temps d’être dans mon atelier (moins d’aide qu’en Afrique !!) mais j’ai quand même deux jours par semaine où les enfants vont à la cantine et où j’ai donc de longues plages horaires pour travailler, broder, aller à l’atelier (qui est à une heure de route de chez moi) etc…

Tu es donc une « Mompreneuse » très occupée? 
En fait Mompreneuse c’est un piège comme statut !! Parce qu’on n’est jamais vraiment l’un ou l’autre mais toujours un peu des deux… Donc il y a quand même pas mal de frustrations, ne nous mentons pas 😉 ! La vie est bien rythmée, avec les conduites, les activités, les rendez-vous pros et les démarches (multiples !!!!) administratives ! Mais je considère quand même que c’est une chance de pouvoir faire le métier que je veux exactement, sans contraintes de management ou autre…

Peux-tu faire partager tes instants bonheurs de Musette ?
Bonheur perso : quand mes petits mecs me disent que je suis la meilleure maman du monde alors que j’ai l’impression de beaucoup les délaisser parfois…
Bonheur pro : quand j’ai reçu ma première commande Internet d’une personne que je ne connaissais pas du tout et qui avait entendu parler de TRIBU(S) par…. Google ! Grosse fierté !

Tu t’occupes beaucoup des enfants, un petit Home-made à partager ?
Je fais beaucoup de cuisine avec eux ! Ils aiment beaucoup m’aider à verser les ingrédients et à mélanger. La touche finale étant quand ils ont le droit de lécher le plat !!

En plus d’être « Mompreneure », quelles sont tes sorties culturelles préférées du moment seule ou en famille ?
Alors ça c’est un super point positif de notre retour en France ! On peut à nouveau faire des activités culturelles ! Au Gabon, c’était vraiment compliqué !! Nous avons la chance d’habiter à 5 minutes à pieds du Château de Fontainebleau donc nous y allons régulièrement pour nous promener ! Nous avons aussi le rituel de la sortie à la bibliothèque où les garçons peuvent choisir des livres pour la semaine, pour les histoires du soir…Cependant au Gabon, il faut visiter le parc du Loango où l’on peut voir des éléphants dans leur environnement naturel.

Et il y a la mission Sainte Anne ,Découverte d’une vieille mission, dont la particularité est d’avoir été conçue et construite par Gustave EIFFEL. Un monument du patrimoine national et universel, à conserver absolument, où l’on découvre les gorilles. 

Instant culturel : peux-tu me citer un de tes tableaux ou livres préférés ?
Mon livre préféré est incontestablement « La Lumière des Justes » d’Henri Troyat ! J’ai adoré cette saga et ai dévoré les livres les uns après les autres ! J’aime beaucoup le fond historique de cet ouvrage et il m’a donné envie de découvrir la Russie ! C’est grâce à Troyat que j’ai visité ce pays fantastique !

La lumière des justes complet(les compagnons du coquelicot-la barynia-la gloire des vaincus-sophie-les dames de siberie)

Y-a-t-il un évènement culturel en ce moment dans ta ville/région que tu conseillerais ?
La visite du château de Fontainebleau et de tous les autres de la région ! Il y en a tellement !

Au Gabon, le 1er mai , la fête du travail , est vraiment un évènement important! Les employés défilentdevant la Tribune présidentielle habillés d’un pagne aux couleurs de leur entreprise. 

  

En quelques mot peux-tu nous parler de l’art de vivre dans ton pays d’expatriation ?
Au Gabon, comme dans beaucoup de pays d’Afrique, toute la culture, tout le savoir, passe par l’oral. Il faut donc rencontrer, en profondeur, des gabonais pour comprendre l’art de vivre d’ici ; et ce n’est pas tellement évident. Ce que j’apprécie cependant beaucoup c’est leur vision de la famille et de l’enfant. On respecte beaucoup le plus faible (qu’il soit bébé ou vieillard) et on s’occupe de sa famille avant tout. Je trouve que c’est une valeur que nous avons malheureusement perdu en France…

Peux tu me décrire ton activité ?


Je crée des articles de déco, des cadeaux de naissances et quelques vêtements personnalisés avec une touche de wax. Initialement, tous les articles ou presque étaient brodés puis montés par le Centre Ménager de la paroisse Sainte Thérèse à Port-Gentil. Ce centre a été créé par les pour former
quelques jeunes filles qui n’ont pas eu l’opportunité de suivre une scolarité complète. Elles y apprennent à lire, à compter et à coudre. Je payais le centre pour le travail fourni puis je reversais les bénéfices de TRIBU(S) aux sœurs pour qu’elles puissent continuer leur mission d’éducation.
Maintenant que je suis en France, je continue à m’occuper de la partie broderie mais les articles sont montés par des personnes porteuses de handicap qui travaillent dans l’ESAT de Coulommiers dans le 77. Je me lance donc dans l’aventure du « made in France » mais toujours avec un pied au Gabon où j’y prends mes tissus.

Comment l’as-tu développé ? combien de temps , quelles démarches?
Comme je connaissais déjà la ville et les sœurs, tout s’est passé très vite ! Avant notre arrivée j’ai acheté une machine à broder que j’ai apportée dans mes valises. Assez rapidement j’ai commencé à faire quelques modèles, une vente chez une amie et le mot a été donné ! J’ai monté une entreprise individuelle au Gabon et suis maintenant en cours de démarches en France.

Que retires tu de ton expérience au niveau professionnel, insertion dans le pays, familial…
Je trouve que j’ai beaucoup de chance d’avoir pu monter ce projet. Nous n’avions pas besoin de mon salaire, donc j’ai pu faire ce que je voulais, comme je le voulais. Cependant, il ne faut pas hésiter à se lancer car c’est un véritable exutoire. Pour une maman de petits comme les miens, c’est vraiment l’idéal. Cela m’a permis aussi de rencontrer peut-être plus en profondeur certains gabonais, ce qui n’est pas évident quand on est expatriés. Finalement, il y a peu d’occasions de se confronter à la population locale quand on ne travaille pas. Maintenant que je suis rentrée en France, j’aurai pu arrêter et reprendre un « vrai » métier comme disent ceux qui pensent que je glande allègrement dans mon atelier 😉 Mais je suis trop contente de pouvoir continuer cette aventure pour les filles avec qui j’ai commencé, pour les sœurs et, évidemment, pour moi aussi !

En quelques mots ton parcours professionnel 
Avant de tout quitter pour suivre mon mari, j’ai travaillé en communication locale et en achat textile chez Monoprix. J’ai fait une école de commerce en apprentissage et j’ai trouvé génial de pouvoir aussi vite mettre un pied dans l’entreprise !

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