Emilie, quelle Musette es-tu? 

Émilie Aubriot Chavialle, 32 ans tout frais en septembre dernier. J’aime la décoration d’intérieur . Mon père est architecte  et m’a appris à choisir les couleurs et les matières qui mettent en valeur un espace, à jouer avec les tissus et les papiers peints pour habiller un mur et surtout à travailler l’éclairage pour créer une ambiance chaleureuse. J’adore les repas de famille, les bonnes bouffes entre amis et tout ce qui va autour de la cuisine. Par exemple, faire son marché (mon préféré, celui de Loches en Touraine), cuisiner en sirotant un verre de vin avec mon mari, dresser une belle table, découper le poulet en ne laissant rien sur la carcasse, parler de prochain menu tout en dînant… Je suis intarissable quand il s’agit de cuisine. Je suis sensible aux couleurs d’automne, bouquiner au coin du feu. Madrid est une de mes villes préférées pour y avoir vécu plus de 2 ans . Je rêve d’y revivre un jour car l’ambiance y est unique. J’aime peindre et aimerais le faire encore mieux

Où vis-tu ?

Je vis à Amsterdam, dans le quartier du sud, derrière les musées, à deux pas du Vondelpark. Les immeubles sont superbes dans ce quartier très « bourgeois », avec l’architecture locale traditionnelle (beaux porches ,hautes fenêtres, vitraux colorés).  Les boutiques sont assez hors de prix, donc nous faisons notre marché plutôt dans l’est d’Amsterdam.

Comment es-tu arrivée ici ?

Je me suis installée à Amsterdam pour suivre mon mari qui avait trouvé du travail ici.  Je ne me suis pas fait prier…et l’ai même incité à accepter ce poste. Nous vivions à Paris et revenions d’un long voyage de 5 mois en Amérique du Sud. Nous avions le sentiment d’étouffer à Paris et cherchions depuis un moment à nous installer à l’étranger.

Avais tu déjà vécu à l’étranger ?

J’ai vécu deux ans à Madrid dans le cadre de mes études.

Depuis combien de temps es-tu expatriée  ?

Nous sommes à Amsterdam depuis un an et demi. Nous avons tout de suite été emballés par la ville, la facilité de faire tout à vélo, le charme des canaux, l’ambiance internationale…Nous regrettons parfois l’excitation des premiers mois d’été où nous nous sommes installés, où tout est tout nouveau tout beau.
Hormis le fait que nous ne parlons pas Néerlandais (honte à nous), nous nous sommes très bien adaptés à cette nouvelle vie.

 

Tu as développé une activité  sur la cuisine : comment t’en est venue l’idée ?

J’ai décidé au bout de quelques mois à Amsterdam d’abandonner ma carrière d’avocat et de me consacrer à ce que j’aimais : cuisiner pour les autres. Après quelques recherches sur les modèles existants ici, j’ai décidé d’ouvrir un service de traiteur consacré à la cuisine française. Alors que j’hésitais depuis des années à monter une boite en France, j’ai foncé et en quelques semaines « Ma Petite Cuisine Amsterdam » a vu le jour.

Comment t’organises-tu entre ton activité et ta vie personnelle? 

C’est ce qui me demande parfois le plus d’effort: cloisonner les deux, ne pas penser uniquement à mon prochain menu, trouver  du temps Pour moi entre deux projets et deux commandes pour faire d’autres choses, prendre du recul et gérer le stress. J’apprends petit à petit à mieux m’organiser, ce qui passe aussi par refuser parfois des missions pour consacrer du temps à mon mari et à nos projets personnels.

Peux -tu faire partager tes « instants bonheur » de Musette?

Ma première livraison! C’était des gâteaux pour un anniversaire dans une société. Je me revois portant religieusement mes boîtes dans la rue, en priant pour que la meringue de ma tarte au citron n’ait pas fondue ni collée au carton… Je suis repartie avec mon billet en poche, en me disant « c’est fou, je peux gagner de l’argent en cuisinant ».

Le bonheur tout simplement de travailler avec ses mains. C’est une sensation très agréable, après 8 ans derrière un ordi, la tête dans les bouquins ou en salle de réunion. Un grand moment de bonheur récemment : le jour où nous avons su que nous pourrions racheter la maison de Dordogne qui appartenait autrefois à mon grand-père et qui était malheureusement sortie de la famille… C’est une maison sur les bords de la Dordogne, où j’ai construit beaucoup de souvenirs, où j’ai appris jeune à cuisiner avec ma tante, où nous nous sommes mariés, où j’ai hâte de recevoir mes amis l’été prochain… et pourquoi pas y organiser des ateliers de cuisine pour les Néerlandais ?!

Quelles sont tes sorties culturelles préférées du moment seule ou en famille?

J’adore les ballets. L’Opéra d’Amsterdam n’a peut être pas le charme de Garnier, mais les mises en scènes sont souvent modernes et très esthétiques et les prix y sont abordables… J’y suis allée au moins une dizaine de fois depuis mon arrivée.  Nous allons aussi souvent au Concertgebouw, la salle de concert très proche de chez nous, pour des concerts de musique classique et de jazz (dans la plus petite salle en bas). Récemment, nous sommes allés au Bimhuis, salle à l’architecture moderne superbe sur les bords de l’IJ, pour un concert de musique brésilienne.  Je ne m’y connais pas vraiment en musique et je suis incapable de jouer deux notes, mais la musique me détend et me redonne de l’énergie.

Un petit « Home-made » recette cuisine à partager ? 

Le Turinois, au chocolat et marron, que je tiens de ma tante Danielle.; vous voulez la recette?

Instant culturel : quel est ton tableau ou ton livre préféré du moment ?

Summer Afternoon, d’Emil Nolde. J’aime les peintures de Nolde en général, car il fait passer beaucoup d’émotions avec parfois simplement un jeu de couleur, un nuage, une vague. Dans ce tableau en particulier, on s’imagine dans la peau de cette femme qui rentre chez elle après une longue journée. Avec pas grand-chose, on devine la charge de la brouette, la lumière de fin de journée, la maison en toit de chaume au fond…On a l’impression de faire un bout de chemin avec elle. Peut-être parce que le sentiment de « rentrer à la maison » me parlait particulièrement quand j’étais jeune étudiante à Madrid, avec parfois le mal du pays. 

Mes deux derniers bons moments de lecture : Orgueil et préjugés de Jane Austen, et le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patate.

 

Peux tu me décrire ton activité ?

Passionnée de gastronomie, j’ai développé une activité de traiteur français à Amsterdam. J’ai commencé en faisant des « Menus du mois » pour des particuliers, cela m’a fait connaitre rapidement dans le petit milieu des français d’Amsterdam. Depuis 6 mois, je développe surtout l’aspect « Événement » avec des menus sur-mesure pour des anniversaires, baptêmes… et pour les entreprises.

Il m’a fallu un mois à peine pour monter ma boite : les procédures administratives sont très faciles à Amsterdam pour les jeunes auto-entrepreneurs.

J’ai créé mon logo et mon site internet moi-même via « squarespace », en galérant pas mal au début et en y passant mes nuits, mais on finit par s’y faire. Je suis en train de refaire intégralement mon site, car au bout de près d’un an, il faut se refaire une beauté ! Et j’ai pris un photographe pro (l’iphone c’est bien, et je prends plaisir à faire mes « mises en scène de photos », mais le résultat n’est pas toujours assez pro à mon goût).

J’ai eu pas mal d’achats de matériel de cuisine professionnelle. Pour l’instant, je travaille dans un atelier jouxtant mon appartement, ce qui est pratique mais pas idéal quand on veut « couper » le soir. Je cherche donc activement une cuisine à louer dans Amsterdam pour me développer et accueillir plus facilement des cours de cuisine que je donne aussi ponctuellement.  

Que retires tu de ton expérience au niveau professionnel, insertion dans le pays ?

C’est très excitant de monter sa propre petite entreprise. Travailler pour soi, c’est un vrai plaisir en soi. Je n’ai plus l’impression de perdre mon temps en faisant un boulot que je n’aime pas. Il y a aussi le prix à payer : plus de stress, un budget financier plus serré que quand j’étais avocate, beaucoup de choix à faire et de dilemmes à résoudre.

Mais globalement, je suis très heureuse de ma nouvelle vie. C’est certain que cela m’a permis de bien m’intégrer à Amsterdam, de développer mes relations et de me créer mon bout d’histoire ici.

En quelques mots ton parcours professionnel ?

En sortant d’un BAC ES, j’ai étudié deux ans le droit espagnol à Madrid, puis deux ans à Paris pour une double maitrise de droit franco-espagnol. Puis MASTER de droit international, stage en cabinet d’avocat et 8 ans de collaboration dans des cabinets anglais et français.

 

 

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