Aurélia, quelle Musette es-tu ?

Je suis Aurélia, j’ai 37 ans, je suis mariée et j’ai 2 enfants. J’ai toujours été passionnée par les relations humaines, avec l’envie profonde de les voir s’améliorer. Je suis aussi passionnée de nature : j’ai découvert qu’il y a un monde de nature infini dès le pas de ma porte. J’adore en apprendre tous les jours à ce sujet et suivre les traces des explorateurs, des botanistes et des biologistes qui racontent des histoires incroyables ! Des histoires auxquelles seuls les enfants pourraient encore croire !

Où vis-tu ? 

Je vis à Amsterdam, Buitenveldert. Pour beaucoup ce n’est plus vraiment Amsterdam, mais c’est la situation idéale pour notre famille : entourés de l’Amstelpark, de l’Amsterdamse Bos et d’une « trouée verte » qui relie les deux. Ça nous permet de passer un maximum de temps dehors dans un cadre attrayant.

Comment es-tu arrivée ici ? 

« Le premier qui a sa mutation a gagné ! » Repartir dans un autre pays était un projet de famille. Mon mari a décroché sa mutation et nous avons suivi !

Avais-tu déjà vécu à l’étranger ?

J’ai vécu à Barcelone à la fin de mes études. Je garde une affection toute particulière pour cette ville, telle que je l’ai connue en y habitant. … Et je crois avoir transmis le virus à mon mari.

Depuis combien de temps es-tu installée aux Pays-Bas ?

Nous sommes arrivés en 2015. Le 31 mars, en une journée, 3 surprises : la naissance de mon fils cadet, la nouvelle de l’expatriation et le fait que nous avions moins de 2 mois pour plier bagages ! En y repensant j’ai l’impression que toute la famille est passée dans le tambour de la machine à lavée pendant 3 mois ! Et puis, Ta-daaa ! Nous voilà bien installés dans notre nouvelle vie, les affaires bien à leur place, vélo, boulot, dodo !

Tu as développé une activité : comment t’en est venue l’idée ? Et pourquoi cette thématique ?

Du plus loin que je me souvienne, lorsqu’on me demandait ce que voulais faire comme métier, ma réponse était toujours en relation avec le changement, la solidarité et la compréhension mutuelle. A Paris, j’aidais les professionnels à faire face aux changements qui leur étaient imposés par leur entreprise. Mais j’avais un rythme effréné de consultante – talons hauts – jupe crayon. Mes premières questions sur l’environnement sont arrivées avec ma première grossesse : est-ce que je mange suffisamment sain ? D’ailleurs… qu’est-ce que je suis en train de manger, en fait ?… Puis ma fille est née. Et c’était encore à une époque où je me disais qu’on ne sort pas par mauvais temps. La météo du printemps n’avait pas été glorieuse. Et le premier week-end de soleil : alerte à la pollution ! Le suivant… aussi ! Et lorsqu’enfin toutes les conditions ont été réunies, les parcs de la ville se sont transformés en salles de concert à ciel ouvert, tant la densité de population y était forte. Je crois que cet après-midi là  a été mon premier déclic sur l’importance de notre environnement naturel…J’ai alors commencé à m’intéresser et à me former à l’éducation par la nature. J’ai notamment eu connaissance de résultats d’étude scientifiques sidérantes sur ce que l’on nomme maintenant le « syndrome de manque de nature » et ses effets sur la santé et l’épanouissement des enfants, au niveau individuel, mais surtout sociétal. Alors comment inverser cette tendance et changer notre relation à la nature ? Je veux former les enfants de la prochaine génération, dont on dit aujourd’hui qu’elle est « hors-sol », à être à l’aise dans le monde, à être heureux avec les autres. Connectés au réel, solidaires, empathiques, bien dans leur tête et bien dans leurs baskets ! Heureux dans un environnement où il faut s’adapter en raison de l’inconnu, la météo, du terrain, parce qu’ils auront appris à réagir avec enthousiasme et sérénité à tout ce qui leur arrive. La nature est un formidable milieu à observer et dans lequel s’immerger pour s’y entraîner ! Je veux donner aux enfants le pouvoir sur leur monde de demain. Je leur fais confiance, ils sentent très tôt ce qui est fondamental ! Et ce sont les premiers impactés aujourd’hui par cette perte du lien à la nature !

De là, et de nombreuses rencontres qui ont jalonné ma réflexion, j’ai créé, en partenariat avec Claire Bano Devautour, experte en parentalité positive, mon premier programme :

Naya Nature. C’est une « académie de nature », comme on pourrait dire d’une école de musique, qui connecte les enfants à leur nature, aussi bien à leur essence profonde qu’au monde qui les entoure et au vivant. Et c’est destiné aux enfants, aux familles et aux écoles.

Aurélia et Claire- Naya Nature

Comment t’organises-tu entre ton activité et ta vie personnelle?

J’y suis allée progressivement, en augmentant petit à petit la garde de mes enfants. Maintenant ma fille ainée est à l’école. Mon fils va 3,5 jours à la crèche. Et pour après l’école j’ai trouvé une nounou fabuleuse qui partage avec moi la nécessité de passer du temps dans la nature avec les enfants et m’assure qu’ils prennent bien leur vitamine verte quotidienne (je ne donne pas son nom, plusieurs mamans m’ont déjà dit vouloir la recruter… ! ) Surtout, le soutien de mon mari est fondamental : il considère que le développement de mon activité est avant tout nécessité sociétale. Il est très investi et respectueux de mes besoins de temps de travail. Un exemple parmi d’autres : en cas d’enfants malades, ou de jour off à l’école nous cherchons chacun des solutions pour nous répartir leurs jours de garde sans que cela ne pose la moindre question.

Tu es donc une « Mompreneuse » très occupée?

Oui, bien sûr ! La semaine et les weekends défilent vite. Et finalement, même une fois l’ordinateur éteint, le projet reste éveillé dans un coin de la tête. Pour moi, c’est important de garder des moments de qualité avec les enfants, et donc de leur apporter pleinement ma présence lorsque je suis avec eux. C’est un challenge ! Mais je glisse tous les jours 20 minutes d’un mélange très personnel de techniques de yoga – sophrologie – méditation qui me remet dans la bonne énergie. Et les pieds dans l’herbe, avec les enfants, nous sommes vite absorbés par tout ce qui s’y passe : décompression garantie !

Peux-tu faire partager tes instants bonheurs de Musette ?

Alors évidemment il y a tous les moments magiques avec les enfants, dont le meilleur de tous, j’ai nommé le Câlin-du-matin ! J’aime aussi quand nous allons à la plage par une météo tout à fait improbable, tester d’un orteil la température de l’eau, courir contre le vent se faire porter par les embruns, puis revenir au chaud et discuter autour d’un café au lait… Nous confronter aux éléments pour nous sentir vivantsJ’aime nos sessions chants ukulélé du weekend avec mon mari et que j’entends les petites voix de mes enfants qui nous ont rejoint pour reprendre en chœur ! (encore mieux dans le jardin un soir d’été). Et au niveau professionnel, j’adore lorsque je suis avec les enfants, voir leurs yeux qui pétillent sur le moment, et avoir les commentaires, parfois surpris, des parents sur le fait que leur enfant ait gardé un souvenir intense et positif de ce temps passé dans la nature.

Tu t’occupes beaucoup des enfants, un petit Home-made à partager ?

En fait ce sont mes enfants qui font tout ! Dehors, il n’y a qu’à les suivre pour construire des cabanes à poupées, débusquer les écureuils ou faire un bingo nature. A l’intérieur, il y a juste le décor à leur installer. 

Des infos ici

En plus d’être « Mompreneuse », quelles sont tes sorties culturelles préférées du moment seule ou en famille ? J’aime beaucoup le Stedelijk, en particulier avec les enfants pour observer leurs réactions. En famille nous avons découvert les concerts/spectacles pour enfants du Muziekgebouw. Ils sont souvent de très bonne qualité, très oniriques et originaux. Ils plaisent autant aux enfants qu’à nous, parents. Il y a notre club de lecture, qui nous permet d’échanger nos impressions en petit groupe nos livres  dans une atmosphère chaleureuse. Enfin, il y a cultcheers, qui rythme nos sorties cultures !

Instant culturel : peux-tu me citer un de tes tableaux ou livres préférés ?

Alors en livre, sans hésitation :  COMMENT ELEVER UN ENFANT SAUVAGE EN VILLE qui m’a confirmé dans mon engagement professionnel.

Un seul tableau ?! J’aime beaucoup Le Rêve d’Henri Rousseau. En plus du sujet du tableau, du mystère qui s’en dégage et des tons magnifiques utilisés, je vous le dis franchement, je craque pour la tête du premier lion !  Des infos ici

Y-a- t-il un évènement culturel en ce moment dans ta ville/région que tu conseillerais ?

Les ateliers Cultcheers des infos ici

Peux tu me décrire ton activité ?
Je conçois et développe des programmes d’éducation par la nature, sous la marque « Missions COCO ». Le premier programme, c’est Naya Nature, auquel Claire Bano Devautour, en tant que Co- Directrice, apporte son concours et son talent.


Nous voulons permettre aux enfants de retrouver le lien de familiarité qui les raccroche à la nature, et d’en retrouver tous les bénéfices. Car les effets positifs de la nature sur les enfants sont impressionnants : sur le développement social et émotionnel, sur la santé et le développement physique, sur leur aptitude à apprendre… Et ce qui se voit à l’échelle individuelle est renforcé à l’échelle de la société : plus paisible, plus ouverte…
Notre programme s’étend sur 3 niveaux fondamentaux : apprendre sur sa nature profonde, apprendre sur la relation à l’autre, apprendre sur le vivant. Le tout dans l’enthousiasme et avec une pédagogie inspirée aussi bien des travaux de Rudolf Steiner que de ceux de Maria Montessori, ou encore de l’Ecole des Colibris et de la Living School.
En fait, Naya Nature fonctionne comme une école de nature ; comme vous imaginez une école de musique… mais dans et sur la nature ! Avec des programmes annuels par groupes d’âge, des suivis de progrès, des petites certifications à passer… Nous imaginons déjà notre fête de fin d’année !
Ce qui nous tiens à cœur avant tout c’est l’enthousiasme ! Susciter des émotions positives sur la nature, s’amuser, rire, s’investir, être surpris… Notre devise pourrait être celle d’André Stern : « l’enthousiasme croit à mesure que l’on s’en sert ».
Nos programmes sont ouverts aux enfants de 2 à 12 ans, par groupes d’âge ; soit seuls, après l’école ou via leur école, soit avec un parent qui souhaitent développer cette connexion particulière avec leur enfant.
Pour ne pas attendre la rentrée scolaire et permettre tout de suite aux familles de découvrir notre fabuleuse équipe de Médiateurs Nature nous proposons dès le mois de mai un échantillon de notre programme, incluant 3 sessions surprise animées par des experts reconnus !

Comment l’as-tu développé ? 
Naya Nature est issu d’une longue réflexion que le temps, mes enfants et mes rencontres, en particulier celle de Claire (co-Directrice de Naya Nature) ont renforcé et enrichi. Du côté de mes enfants, j’ai très vite cherché à appliquer ce que j’ai appris des formations que j’ai suivi, et j’ai été étonnée de voir à quel point ils sont curieux de nature et ils s’y sentent bien. Et quelle différence avec des journées passées en intérieur ! Or l’école, et encore moins la crèche, ne
proposent pas de sortie quotidienne dans un environnement naturel. Et c’est parfois difficile de trouver ce temps entre le travail et la « hard hour » du soir.
Et d’un autre côté j’ai rencontré de nombreuses personnes qui partagent nos aspirations et notre sentiment d’urgence. Claire s’est investie dans le projet depuis ses débuts et y apporte toute son expérience et son savoir-faire. Je crois profondément au pouvoir de la « communauté » pour créer
des impacts positifs. C’est ensemble qu’on est puissant ! Cette communauté qui se construit est à la fois pour moi une source d’énergie et d’inspiration. Certains s’engagent plus concrètement et apportent leur talent comme leur pierre à l’édifice, c’est inestimable.
Un changement est en train d’advenir ! Nous souhaitons que les enfants soient les graines d’un élan plus grand, en les re-connectant à leur nature. C’est exactement le symbole de la noix de coco, qui est dans notre logo : une graine semée, issue d’un arbre aux racines solides et qui germe, lentement, mais sûrement.

Que retires-tu de ton expérience au niveau professionnel,familial, insertion dans le pays, …
La vie à Amsterdam et la conception de la nature et de l’éducation par les néerlandais m’ont permis de me dire que c’était ici et maintenant, que je devais saisir l’opportunité de faire germer ma volonté profonde de changement. C’est une expérience qui me permet de réaligner ma vie professionnelle avec ma vie personnelle et mes convictions ! Tout fait enfin sens !

Comment ton entreprise peut-elle être nomade?

Missions Coco est l’entité que j’ai créée pour concevoir, développer et promouvoir des programmes d’éducation à la nature, telle que je la conçois (éducation à soi, à l’autre et à l’environnement naturel). En fait au départ j’ai surtout pensé à mes propres projets – et j’en ai plein ! Avec Claire, ici, je commence par Naya Nature. Mais plus j’en parle autour de moi, plus je rencontre des porteurs de projets potentiels qui ne demandent qu’à germer pour faire des petites cocoteraies !

Missions Coco est une marque ombrelle. La forme des projets (la zone géographique, le modèle économique, les modalités) dépend du contexte et peut changer. Ce qui ne bouge pas, quel que soit le programme que je veux développer, c’est le fond : la vision, les valeurs, les impacts sociétaux que je cherche à atteindre. Mon rôle est d’en garantir la cohérence et la pérennité, où que ce soit.

En quelques mots ton parcours professionnel ?  
J’ai un master en conseil et organisation et conduite du changement du Conservatoire National des Arts et Métiers. J’ai suivi des formations sur l’entrepreneuriat social (ESSEC), « Comment créer son école » (Living School, Université des Colibris) et des formations sur la médiation à la nature (Eveil et nature).
Je suis une touche-à-tout de l’entreprise. J’ai été professeur, formatrice, consultante en gestion des connaissances, change manager… J’ai travaillé pour une chaine de télévision, une entreprise de gestion des déchets, une université, des associations… J’ai travaillé avec des techniciens, des communicants, des directeurs, des documentalistes, des étudiants. Et j’ai adoré tout ça. Et aujourd’hui, tout me sert ! Avant d’arriver à Amsterdam je n’avais pas imaginé devenir entrepreneur social. Mais en fait maintenant je me demande si ce n’était pas déjà sur mon chemin…

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