Mme Vigée-Lebrun et de sa fille Julie (1789)

(Musée du Louvre -Paris)

 

Le tableau « La Tendresse maternelle » à suscité bien des émotions.

Bien des féministes, Simone de Beauvoir en tête, ont fait la moue devant ce tableau. Pour les historiens d’art, il est exceptionnel, car il crée un prototype : jamais personne n’avait ainsi rendu les sentiments unissant une mère et sa fille.

La portraitiste est l’une des premières à valoriser  le lien maternel.

Sur ce tableau, on peut voir l’artiste entourant d’un geste protecteur sa fille Julie, assise sur ses genoux. La douceur qui se dégage de cette scène est accentuée par les regards francs et heureux des deux personnages. La portraitiste va même jusqu’à sourire et dévoiler ses dents, ce qui est assez rare en peinture à cette époque, puisque les dentistes ne couraient pas les rues.

Élisabeth Vigée-Lebrun retient de ses études, la technique de traitement de la lumière mais également l’importance de la mise en scène notamment avec les vêtements qui doivent mettre en valeur la beauté du modèle.

Pour elle, l’artiste ne doit pas se vanter de pouvoir atteindre la perfection. C’est dans son humilité que son art s’exprime totalement. Concernant les portraits, elle considère que la pose du modèle est très importante et garantit la réussite du tableau. Le modèle doit être assis, en hauteur par rapport à l’artiste qui doit prendre assez de recul pour l’apercevoir dans son ensemble et corriger les défauts.

Biographie Express

Élisabeth Vigée-Lebrun naît  à Paris en 1755 d’un père pastelliste et d’une mère coiffeuse. A 12 ans, elle décide sur les conseils de son père qu’elle sera peintre ! Elle s’exerce à l’art du portrait dès l’âge de 15 ans et devient rapidement professionnelle. Elle se marie en 1776 à Jean-Baptiste Pierre Lebrun et donne naissance à sa fille Julie en 1780.

Le premier professeur d’Élisabeth fut son père. En 1770, elle fait la connaissance de Joseph Vernet, artiste célèbre dans toute l’Europe. Il est l’un des peintres les plus courus de Paris, ses conseils font autorité, et il ne manquera pas de lui en prodiguer. « J’ai constamment suivi ses avis ; car je n’ai jamais eu de maître proprement dit », écrit-elle dans ses mémoires .

Elle reçoit sa première commande du Comte de Provence; le 30 novembre 1776, Élisabeth Vigée Le Brun est admise à travailler pour la Cour de Louis XVI. En 1778 , elle devient peintre officiel de la reine  et est donc appelée pour réaliser le premier portrait de la reine Marie-Antoinette d’après nature.

Elle est admise à l’Académie de Peinture et de Sculpture en 1783. À la chute de la monarchie en 1789, elle part vivre en Autriche, puis à Saint-Pétersbourg à partir de 1795 où elle reste quelques années. En 1800 elle retrouve sa citoyenneté française.

Après plusieurs séjours en Suisse, en Allemagne et Angleterre, elle rentre en France et peint pour l’aristocratie et la famille impériale.

Après la mort de sa fille en 1819, elle prend sa nièce sous son aile à qui elle transmet son savoir. En 1835, elle publie Ses Souvenirs retraçant sa vie de femme libre et émancipée. Élisabeth Vigée-Lebrun laisse 600 portraits et 200 paysages.

Souvenirs : Une vie

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