Adeline, peux-tu me décrire ton entreprise ?

Je suis restauratrice de tableaux et d’objets d’art polychrome. Qu’ils soient salis par le temps ou avec des dégâts plus importants, je leur redonne leur aspect originel. 

Quand je découvre l’œuvre, je mène  une enquête : comment et pourquoi ce tableau est-il dégradé (traces d’humidité, enfoncements, perte de matière picturale…). En y répondant , je peux choisir d’appliquer le protocole de restauration adéquat.

Je procède aux opérations de restauration conservative (décrassage, bandes de tension, refixage, doublage…) puis aux opérations de restauration esthétique (pose de mastic de fond ou de forme, retouches illusionnistes..)

La restauration suit des règles de déontologie précises, notamment la réversibilité – tous les produits doivent pouvoir être retirés -, la stabilité – toute restauration de tableaux doit perdurer dans le temps et dans le respect historique de l’œuvre.

 Comment as-tu développé ton activité de restauratrice ? 

Après une licence d’histoire de l’art, j’ai souhaité m’orienter vers un métier alliant mes passions pour la peinture, le dessin, les couleurs . Une amie m’a invitée à rencontrer les responsables d’un atelier de  restauration de tableaux. J’ai été littéralement! « inspirée » ! J’ai  su immédiatement que je voulais faire ça! Dès le début on m’avait prévenu que ça serait difficile mais je ne me voyais pas faire autre chose… Après avoir obtenu mon diplôme d’État, à la suite de stages à l’étranger (Florence en Italie, Paris) et de découvertes des ateliers de restauration de grand musées (Le Prado à Madrid, Institut Courtauld à Londres etc…) j’ai pu me lancer (avec un grand soutien familial !) : inscription à la chambre des métiers, achat de matériel spécifique…

J’ai été sélectionnée par la mairie de ma ville et la Chambre de commerce des Hauts-de-Seine pour m’installer dans un atelier au sein d’un Hôtel d’Activités d’Artisanat d’Art qui venait d’ouvrir. Atelier que j’ai occupé pendant 9 ans ! Cet atelier a été une rampe de lancement. Il faut bien 4 ans avant d’avoir une clientèle, il faut le savoir ! Je travaille beaucoup pour les particuliers mais j’ai aussi eu l’occasion de travailler pour des institutions : musées, Cathédrale de Puisaye (Yonne), Ambassade des États-Unis à Paris,  Archives de Ville de Paris…

Depuis notre expatriation, je poursuis mon activité de restauratrice de tableaux en essayant de me développer ici à Amsterdam, tout en gardant une clientèle en France.

Parallèlement, tu as développé un autre projet professionnel ? 

Je travaille à développer ce site  » Les Musettes s’en mêlent«  dont l’objectif est créer un réseau favorisant les échanges entre femmes expatriées ; pour que ces « femmes en mouvement » développent et fassent connaitre leurs activités  professionnelles , souvent nomades – d’où le nom de Musettes -, dans quelque pays qu’elles se trouvent. Pour s’en inspirer, pour les rencontrer et échanger quand l’ une d’entre elles s’installent dans une ville où réside une Musette…

 

 

 

 

 

(crédit photo Beilja by Matthieu Dandoy – www.beilja.com)

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